Train de luxe japonais avec vue panoramique sur le mont Fuji au coucher du soleil
Publié le 15 mars 2024

Obtenir un billet pour les trains de luxe japonais comme le Seven Stars relève moins de la chance à la loterie que de la compréhension d’une philosophie de voyage où chaque détail compte.

  • Le processus de candidature n’est pas un simple formulaire, mais la première étape d’une sélection implicite qui valorise la préparation et la flexibilité.
  • L’expérience est un tout harmonieux : le code vestimentaire, le respect des excursions et même le choix de l’hôtel pré-départ font partie intégrante du voyage.

Recommandation : Abordez chaque étape, de la candidature au voyage, non comme un simple client, mais comme un invité privilégié qui cherche à s’intégrer à une expérience culturelle unique.

L’image d’un train d’un pourpre profond serpentant à travers les paysages volcaniques de Kyushu, ou d’une suite Art déco glissant le long de la mer intérieure de Seto, relève pour beaucoup du domaine du rêve. Les trains de luxe japonais, tels que le Seven Stars in Kyushu, le Twilight Express Mizukaze ou le Train Suite Shiki-shima, sont devenus des icônes mondiales, des sanctuaires roulants où l’artisanat, la gastronomie et le service atteignent des sommets. Pour les passionnés de voyages ferroviaires et d’expériences exclusives, l’obstacle majeur n’est souvent pas le prix, qui peut dépasser les 5000€ par personne, mais l’accès lui-même, gouverné par un système de loterie impitoyable.

La plupart des guides se contentent de décrire ce système comme une simple formalité : on postule, on croise les doigts, et avec un peu de chance, on est sélectionné. Mais cette vision est incomplète. Elle ignore la subtilité et la profondeur de l’approche japonaise du luxe et du service, l’omotenashi. Et si cette loterie n’était pas entièrement laissée au hasard ? Si elle était, d’une manière typiquement japonaise, une façon de privilégier les voyageurs qui démontrent une réelle compréhension de l’esprit du voyage qu’ils s’apprêtent à entreprendre ? Ce n’est pas seulement un billet que l’on cherche à obtenir, mais une invitation à participer à une œuvre d’art en mouvement.

Cet article n’est pas un guide de plus sur comment remplir un formulaire. C’est un décodage des codes implicites de cet univers exclusif. Nous allons explorer comment transformer une simple candidature en une démonstration d’intérêt éclairé, comment s’intégrer harmonieusement à l’expérience une fois à bord, et pourquoi la philosophie du voyage de luxe au Japon commence bien avant de monter dans le train. Il s’agit de passer du statut de simple candidat à celui d’invité idéal.

Pour vous guider à travers les arcanes de cette expérience unique, nous avons structuré ce guide en plusieurs étapes clés, de la préparation de votre candidature au raffinement de chaque instant de votre voyage.

Sommaire : Le guide stratégique pour voyager à bord des trains de luxe japonais

Pourquoi devez-vous candidater 6 mois à l’avance sans garantie de partir ?

Le concept de postuler un semestre entier avant un voyage, sans même être certain d’obtenir une place, peut sembler contre-intuitif. Pourtant, c’est la première porte d’entrée dans la philosophie des trains de luxe japonais. Ce délai n’est pas une contrainte administrative, mais un premier filtre qui mesure la motivation et la prévoyance des candidats. La demande est si extraordinairement élevée qu’elle dépasse toute logique commerciale classique. Pour preuve, lors de son voyage inaugural, le Shiki-shima a reçu 76 demandes pour chaque cabine disponible, un chiffre qui illustre l’aura quasi mythique de ces expériences. Face à une telle compétition, la « chance » seule n’est pas une stratégie viable.

Ce processus de sélection s’apparente moins à une loterie de casino qu’à une candidature pour rejoindre un club très privé. Les compagnies ferroviaires recherchent des passagers qui comprennent et respectent la valeur de l’expérience proposée. La patience et la rigueur dont vous faites preuve lors de la candidature sont le premier signe de cet respect. Il s’agit de démontrer que ce voyage n’est pas une décision impulsive, mais un projet mûrement réfléchi. Certains itinéraires et dates étant moins demandés que d’autres, une candidature flexible et bien documentée augmente considérablement les probabilités de succès.

Plutôt que de subir ce processus, il faut l’aborder de manière proactive. Comprendre les cycles de candidature, diversifier ses choix et, dans certains cas, passer par des agences spécialisées sont autant de leviers pour transformer une faible probabilité en une opportunité tangible.

Votre plan d’action pour la candidature

  1. Postulez exclusivement durant les fenêtres de candidature officielles, généralement ouvertes six mois avant la date de départ souhaitée.
  2. Remplissez le formulaire de candidature avec une précision absolue, et surtout, indiquez plusieurs options de dates et d’itinéraires pour signaler votre flexibilité.
  3. Privilégiez les circuits plus courts (par exemple, 2 nuits au lieu de 4), qui attirent statistiquement un peu moins de candidats, augmentant ainsi vos chances relatives.
  4. Soyez extrêmement réactif si vous êtes sélectionné. Le paiement doit être effectué rapidement, car un retard peut entraîner l’annulation et l’attribution de votre place à un autre candidat sur liste d’attente.
  5. Envisagez de contacter des agences de voyages de luxe accréditées, comme Discovery Trains, qui disposent parfois de quotas de places garantis et permettent de contourner entièrement le système de loterie.

Comment s’habiller pour le dîner dans le wagon-restaurant sans être trop formel ni négligé ?

Une fois l’invitation obtenue, une autre question se pose, révélatrice de l’esprit du voyage : la garde-robe. L’élégance à bord des trains de luxe japonais est une affaire d’harmonie (和, *Wa*), pas d’ostentation. L’objectif n’est pas d’impressionner, mais de s’intégrer respectueusement au décor somptueux et à l’ambiance feutrée. Le guide officiel du Seven Stars est clair sur ce point, comme le rapporte Japan Experience. Il évoque un code vestimentaire précis pour que l’ensemble soit en accord avec le cadre.

Needless to say, a certain dress code is required: suits for the gentlemen and evening gowns for the ladies, so that everything is in keeping on board

– Japan Experience, Guide officiel du Seven Stars

Cependant, il faut interpréter cette directive avec nuance. « Costumes » et « robes de soirée » ne signifient pas forcément smoking et robe longue de gala. L’idée est celle d’une « tenue de soirée chic » ou « smart elegant ». Une veste pour les hommes est indispensable, mais elle peut être déstructurée. Une robe pour les femmes est attendue, mais une robe de cocktail midi ou un ensemble pantalon élégant est parfaitement approprié. L’erreur serait de tomber dans l’un des deux extrêmes : être trop décontracté (jean, t-shirt, baskets) ou excessivement formel (tenue de mariage), ce qui romprait l’harmonie recherchée.

Intérieur élégant d'un wagon-restaurant de train de luxe japonais avec boiseries et éclairage tamisé

Comme le suggère cette ambiance, la clé réside dans des matières nobles, des coupes impeccables et des accessoires choisis. Pensez à des chaussures en cuir élégantes mais confortables, à un foulard en soie qui peut rehausser une tenue, ou à des bijoux discrets. Il s’agit de rendre hommage à l’effort déployé par les artisans et le personnel pour créer cette bulle d’exception. Voici quelques suggestions pour composer une garde-robe adaptée :

  • Pour les hommes : Une veste déstructurée en laine légère ou en lin, accompagnée de deux chemises (une blanche classique, une autre avec un motif discret), un pantalon chino de bonne coupe et un pantalon habillé plus formel.
  • Pour les femmes : Une robe de cocktail de longueur midi, un ensemble pantalon-palazzo élégant, et un cardigan ou une étole en cachemire pour les soirées potentiellement plus fraîches dans les salons.
  • Accessoires polyvalents : Un foulard en soie, des chaussures en cuir élégantes (mais que l’on peut porter plusieurs heures), et une montre classique plutôt qu’un modèle connecté pour ne pas détonner avec l’ambiance intemporelle.
  • La touche locale : Intégrer subtilement un élément japonais, comme une pochette ornée d’un motif traditionnel, peut être un clin d’œil apprécié.

Seven Stars Kyushu ou Mizukaze : quel train choisir selon vos goûts paysagers ?

Le choix entre les différents trains de luxe ne se résume pas à une question de disponibilité ou de prix. Chaque train possède une âme, un itinéraire et une esthétique qui lui sont propres, s’adressant à des sensibilités différentes. Choisir entre le Seven Stars in Kyushu et le Twilight Express Mizukaze, c’est un peu comme choisir entre une immersion dans une nature sauvage et spirituelle et une croisière contemplative le long de côtes chargées d’histoire et d’art. Votre décision doit être guidée par le type d’émotion et de paysages que vous recherchez.

Le Seven Stars est une ode à l’île de Kyushu. Son parcours est une plongée dans le cœur vibrant et parfois brut du Japon : les fumerolles des volcans actifs comme le Mont Aso, la quiétude des villes thermales (onsen), et la richesse de l’artisanat local (porcelaine d’Arita, boiseries de Fukuoka). Le design intérieur, mêlant artisanat traditionnel et classicisme occidental, renforce cette sensation d’un voyage authentique et terrestre. Le Mizukaze, lui, est une célébration de l’ouest de Honshu. Ses itinéraires longent les côtes des régions de San’in et San’yo, offrant des vues imprenables sur la mer intérieure de Seto et la mer du Japon. L’accent est mis sur la culture et l’esthétique : visite de jardins historiques, d’ateliers d’artisans renommés et de sites classés. Son design, inspiré de l’Art déco avec une touche de modernité, évoque la nostalgie des grands voyages ferroviaires d’antan.

Pour affiner votre choix, le tableau suivant synthétise les principales différences factuelles entre ces deux géants du rail. Il met en lumière les données clés pour vous aider à comparer, comme le montre cette analyse comparative des trains de luxe japonais.

Comparaison Détaillée : Seven Stars vs Mizukaze
Critère Seven Stars in Kyushu Twilight Express Mizukaze
Région couverte Île de Kyushu (7 préfectures) Ouest du Japon (San’in/San’yo)
Paysages emblématiques Volcans actifs (Mont Aso), sources chaudes, nature sauvage Mer intérieure de Seto, côtes spectaculaires, jardins historiques
Design intérieur Artisanat traditionnel de Kyushu, bois locaux, style classique Art Déco nostalgique, modernité raffinée
Durée des circuits 2 ou 4 jours 2 ou 3 jours
Capacité maximale 30 passagers (14 suites) 34 passagers (16 cabines)
Prix indicatif (2 jours) À partir de 650 000 ¥ À partir de 550 000 ¥
Difficulté d’accès 10-30 demandes par suite 5-40 demandes par suite

Étude de cas : À chaque voyageur son train

L’analyse des profils de voyageurs révèle deux archétypes distincts. Le Seven Stars attire « l’explorateur spirituel », un voyageur fasciné par la géologie, l’histoire des samouraïs et l’authenticité du Japon rural. Il recherche une connexion profonde avec la terre et ses traditions. À l’inverse, le Mizukaze séduit « l’esthète culturel », davantage attiré par la beauté contemplative de la mer, l’élégance des jardins zen et le raffinement de l’artisanat. Son voyage est une quête de beauté et de sérénité, dans un cadre évoquant une époque révolue.

L’erreur de ne jamais descendre du train lors des arrêts touristiques prévus

Face au confort absolu de sa suite privée et au service irréprochable, la tentation peut être grande de considérer le train comme une destination en soi et de bouder les excursions proposées. Ce serait une erreur fondamentale, car cela reviendrait à ignorer une partie essentielle de la philosophie de ces voyages. Les arrêts ne sont pas de simples pauses touristiques ; ils sont des ponts culturels, soigneusement orchestrés pour connecter les passagers à l’âme des régions traversées. De plus, ils sont souvent le théâtre de moments d’une incroyable chaleur humaine.

L’accueil réservé à ces trains dans les gares locales est un spectacle à lui seul. Il témoigne de la fierté des habitants et de l’essence de l’hospitalité japonaise. C’est une expérience émotive qui fait partie intégrante du voyage. Un voyageur français partageait cette émotion unique :

À Okayama, la mairie entière est sortie pour saluer les passagers du train, c’était un moment mémorable pour les voyageurs. Les attroupements joyeux et disciplinés se forment à chaque arrêt, avec distribution de drapeaux que tous agitent avec tendresse.

– Voyageur français, Discovery Trains Blog

Ces excursions sont aussi l’occasion de rencontres exclusives avec des artisans, de visiter des sites privés ou de déguster des spécialités locales dans un cadre privilégié. Cependant, il est possible d’aborder ces arrêts de manière stratégique pour en tirer le meilleur parti, tout en préservant des moments d’intimité.

Foule accueillant chaleureusement un train de luxe dans une gare japonaise traditionnelle

Pour profiter pleinement de ces escales sans se sentir submergé par le groupe, une approche réfléchie s’impose. Il s’agit de trouver le juste équilibre entre participation et observation, entre immersion collective et bulle personnelle. Voici quelques pistes pour y parvenir :

  • Préparez vos visites : Avant le départ, renseignez-vous sur les spécificités de chaque arrêt. Identifier un artisan potier particulier à Arita ou une pâtisserie réputée à Yufuin vous permettra de vivre l’excursion avec un objectif personnel.
  • Le luxe du train vide : Choisissez stratégiquement une ou deux excursions moins essentielles à vos yeux pour rester à bord. Profiter du train presque désert, du silence des salons et de l’attention décuplée du personnel est un luxe rare.
  • Créez votre espace : Lors des visites de groupe, n’hésitez pas à vous écarter poliment de quelques mètres pour prendre une photo sans personne, ou pour échanger quelques mots avec un commerçant local.
  • Anticipez les événements locaux : De nombreuses villes organisent un accueil spécial avec leurs mascottes (*yuru-chara*) pour le passage du train. Se renseigner en amont permet de ne pas manquer ces moments de joie authentique.

Dans quel hôtel séjourner près de la gare de départ pour commencer le rêve avant le train ?

L’expérience d’un train de luxe japonais ne débute pas au moment où l’on pose le pied sur le quai, mais bien avant. Le choix de l’hôtel pour la nuit précédant le départ est une décision stratégique qui conditionne la sérénité et l’immersion dans cette aventure hors du commun. Opter pour un établissement en adéquation avec la philosophie du voyage permet de créer une transition douce entre le quotidien et l’exceptionnel. Il s’agit de prolonger le rêve, de faire en sorte que la magie opère dès l’arrivée dans la ville de départ.

Un hôtel mal choisi, trop éloigné de la gare ou au service impersonnel, peut générer un stress inutile le matin du départ, rompant ainsi l’enchantement. À l’inverse, un établissement qui comprend les besoins spécifiques de cette clientèle peut faciliter la logistique (transfert des bagages, coordination avec le salon privé du train) et enrichir l’expérience. L’idéal est de sélectionner un hôtel qui soit lui-même une destination.

Étude de cas : Le JR Hotel Metropolitan Marunouchi à Tokyo

Un voyageur du Shiki-shima, partant de la gare d’Ueno à Tokyo, a partagé son expérience positive au JR Hotel Metropolitan Marunouchi. Situé à proximité, cet hôtel offre une transition parfaite. Certaines de ses chambres proposent des vues spectaculaires sur les voies de la gare de Tokyo, créant un lien visuel et émotionnel immédiat avec l’univers ferroviaire. Sa localisation stratégique permet un transfert rapide et sans stress vers le quai exclusif 13.5 de la gare d’Ueno, d’où part le train. C’est l’exemple parfait d’un choix d’hôtel qui sert de prologue à l’aventure.

Pour faire le bon choix, plusieurs critères doivent être pris en compte. Il ne s’agit pas seulement de luxe, mais de cohérence, de praticité et d’anticipation. Voici une liste de points à vérifier pour sélectionner l’hôtel parfait avant l’embarquement :

  • Proximité avec la gare : Visez un hôtel situé à moins de 15 minutes en taxi de la gare de départ pour éliminer tout stress lié au transport le jour J.
  • Partenariats éventuels : Renseignez-vous si l’hôtel a des accords avec la compagnie ferroviaire. Certains établissements de luxe proposent des services de transfert privé directement vers les salons exclusifs en gare.
  • Cohérence stylistique : Essayez de choisir un hôtel dont le design fait écho à celui du train. Un hôtel au design traditionnel japonais peut être un excellent prélude au Seven Stars, tandis qu’un établissement moderne et épuré s’harmonisera avec le Shiki-shima.
  • Qualité de la conciergerie : Assurez-vous que l’hôtel dispose d’un service de conciergerie multilingue et efficace, capable de gérer la logistique de vos bagages et de répondre à vos dernières demandes.
  • L’alternative du Ryokan : Pour une immersion culturelle encore plus profonde, séjourner dans un ryokan de luxe la veille du départ peut être une excellente manière de se connecter à l’art de vivre japonais.

Green Car ou Gran Class : quelle classe choisir pour vos trajets en Shinkansen ?

L’expérience du luxe ferroviaire au Japon ne se limite pas aux trains d’itinérance. Les trajets de liaison, effectués à bord des Shinkansen (trains à grande vitesse), peuvent également être vécus avec un niveau de confort exceptionnel. Si vous voyagez avant ou après votre croisière ferroviaire, la question se pose : faut-il opter pour la Green Car (équivalent de la première classe) ou investir dans la très exclusive Gran Class ? La réponse dépend non pas du budget, mais du « retour sur investissement expérientiel » que vous recherchez.

La Green Car offre déjà un confort bien supérieur à la classe standard, avec des sièges plus larges et plus d’espace pour les jambes, dans une configuration 2+2. C’est un excellent choix pour la plupart des trajets. La Gran Class, cependant, est une tout autre dimension. Disponible uniquement sur certaines lignes (Tohoku, Hokuriku), elle est l’équivalent d’une classe affaires d’avion, avec des sièges-coques en cuir inclinables à 45 degrés, une configuration 2+1 offrant une intimité maximale, et un service personnalisé par une hôtesse dédiée. Repas de type bento premium, snacks et boissons (y compris alcoolisées) sont servis à la place, transformant un simple transfert en un moment de détente et de gastronomie.

Le tableau suivant met en évidence les différences objectives pour vous aider à décider, mais la véritable clé du choix réside dans la stratégie de votre itinéraire.

Comparaison : Green Car vs Gran Class sur le Shinkansen
Critère Green Car Gran Class
Configuration sièges 2+2 par rangée 2+1 par rangée
Inclinaison 40 degrés 45 degrés + repose-pieds
Service à bord Aucun (self-service) Hôtesse dédiée
Repas inclus Non (achat séparé) Bento premium + boissons
Surcoût vs classe ordinaire +30-50% +75-100%
Disponibilité Tous les Shinkansen Tohoku, Hokuriku uniquement
Accès salon en gare Non Oui (certaines gares)

Étude de cas : La Gran Class comme « capsule de décompression » stratégique

L’investissement dans un billet Gran Class trouve tout son sens lorsqu’il est positionné intelligemment dans l’itinéraire. Par exemple, pour un long trajet juste après un vol international (ex: de l’aéroport de Narita à Sendai via Tokyo), la Gran Class agit comme une « capsule de décompression ». Elle permet de combattre la fatigue du voyage dans un cocon de luxe et de calme. De même, entre deux étapes touristiques intenses, elle offre une parenthèse de repos bienvenue. Pour un trajet court et direct comme Tokyo-Kyoto (environ 2h15), la Green Car offre 90% du confort pour une fraction du prix, rendant le surcoût de la Gran Class moins pertinent.

Quand privatiser une boutique de perles à Ginza pour un shopping serein ?

L’expérience du luxe au Japon s’étend au-delà des transports et de l’hôtellerie. Pour les amateurs de haute joaillerie, et notamment de perles, le quartier de Ginza à Tokyo est une destination incontournable. Mais face à la foule et à la pression commerciale potentielle, l’idée de privatiser une boutique pour une session de shopping exclusive et sereine peut être séduisante. Cette option, bien que discrète, est tout à fait envisageable chez les grandes maisons comme Mikimoto ou Tasaki, mais elle est soumise à des codes bien précis.

Il ne s’agit pas d’un service que l’on peut réserver en ligne comme une table au restaurant. La privatisation d’une boutique de ce calibre est une faveur accordée à des clients potentiels dont le sérieux est avéré. Tenter de l’obtenir directement en tant que touriste anonyme a peu de chances d’aboutir. La clé, encore une fois, est de passer par les bons intermédiaires : le concierge d’un grand hôtel de luxe, ou un guide-accompagnateur privé spécialisé dans ce type de demande. Ces professionnels ont des relations établies et peuvent se porter garants de votre démarche.

Comme le confie un expert, l’approche doit être professionnelle et l’intention d’achat, crédible. Il ne s’agit pas de « visiter » la boutique, mais bien d’une séance de travail en vue d’une acquisition importante.

Une privatisation est souvent conditionnée par un intérêt d’achat sérieux. Il faut présenter son projet de manière professionnelle pour être considéré

– Concierge du Palace Hotel Tokyo, Guide du shopping de luxe à Tokyo

Le meilleur moment pour solliciter une telle expérience est en semaine, en dehors des heures de pointe (idéalement le matin à l’ouverture ou en fin de journée). Il faut formuler sa demande plusieurs jours, voire semaines, à l’avance via son concierge, en précisant le type de pièces recherchées (par exemple, un collier de perles Akoya de tel diamètre, des boucles d’oreilles Golden South Sea, etc.). Cette précision est cruciale car elle démontre votre connaissance et le sérieux de votre projet, et permet à la boutique de préparer une sélection pertinente. La privatisation transforme alors l’acte d’achat en une consultation d’expert, un moment privilégié et inoubliable.

À retenir

  • La candidature aux trains de luxe n’est pas une loterie pure : la flexibilité, la précision et le passage par des agences spécialisées sont des atouts stratégiques.
  • L’harmonie (*Wa*) est le maître-mot de l’expérience à bord : une tenue élégante mais sobre et le respect du programme sont des marques de respect essentielles.
  • L’expérience du luxe est un écosystème : elle se prolonge dans les trajets en Shinkansen (Gran Class), le choix de l’hôtel et même les services de mobilité privée, qui transforment la perception du voyage.

Pourquoi investir dans la mobilité prestige transforme-t-il radicalement l’expérience du voyage au Japon ?

Dans un pays où le réseau de transport public est d’une efficacité redoutable, l’idée d’investir dans une mobilité « prestige » – comme un chauffeur privé ou les services d’une agence de conciergerie haut de gamme – peut sembler superflue. C’est pourtant l’un des investissements les plus transformateurs pour un voyageur de luxe. La valeur de ce service ne réside pas dans le simple fait d’aller d’un point A à un point B, mais dans la libération de la ressource la plus précieuse en voyage : la charge mentale.

Un voyageur indépendant, même expérimenté, passe une part non négligeable de son énergie cognitive à planifier : vérifier les horaires de train, trouver le bon quai, déchiffrer des plans, gérer ses bagages, réserver des taxis. Cette logistique permanente, même si elle est efficace, maintient le cerveau en mode « planificateur anxieux ». L’externalisation de cette charge à un professionnel de confiance opère une transformation psychologique profonde. Le voyageur passe à un état « contemplatif », entièrement disponible pour absorber la beauté d’un temple, la subtilité d’un plat ou la richesse d’une conversation. L’expérience n’est plus interrompue par des soucis logistiques.

Étude de cas : L’impact de la mobilité prestige sur la satisfaction du voyage

L’agence Japan Private Tour a analysé l’impact de l’externalisation de la logistique sur ses clients. Leurs enquêtes internes révèlent que le passage d’un état de « planificateur » à un état de « contemplatif » permet une immersion culturelle beaucoup plus profonde. En libérant une énergie cognitive précieuse, les voyageurs rapportent une augmentation de leur satisfaction globale du voyage pouvant atteindre 40%. Cette sérénité retrouvée est souvent citée comme l’apport le plus significatif de leur service, bien au-delà du simple confort matériel.

Au-delà de la sérénité, la mobilité prestige ouvre des portes littéralement inaccessibles autrement. Un chauffeur-guide local ne connaît pas seulement les routes, il connaît les gens. Il peut organiser une visite privée d’un atelier d’artisan fermé au public ou obtenir une réservation dans un restaurant réputé complet depuis des mois, comme le souligne ce témoignage :

Grâce à notre chauffeur-guide privé, nous avons pu accéder à un atelier de laque traditionnelle fermé au public à Wajima. Le maître artisan nous a reçus personnellement et nous a montré des techniques transmises depuis 15 générations. Ces portes ne s’ouvrent que grâce aux relations locales du chauffeur et à l’image de prestige véhiculée par ce type de service.

– Voyageur, Discovery Trains

Pour votre prochain projet de voyage au Japon, considérez la mobilité non plus comme une simple dépense logistique, mais comme le premier et le plus essentiel investissement dans la qualité et la sérénité de votre expérience.

Rédigé par Antoine Mercier, Consultant en logistique et expert des transports japonais. Passionné de trains (Densha Otaku) et de road-trips, il maîtrise toutes les subtilités du déplacement dans l'archipel, du Shinkansen aux ferrys locaux.